Salaün
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Symphony Hall, dans l’Upper West Side.
Traditionnellement, c’est à Mick Moloney,
célèbre musicien et universitaire irlan-
dais vivant aux Etats-Unis que revient
la mission de concocter un programme
rassemblant quelques-uns des meilleurs
musiciens irlandais d’Amérique du Nord
et au-delà. Signe d’ouverture, cette année,
l’affiche faisait la part belle à un groupe
d’interprètes de musique Old Time, des
Appalaches. Par l’entremise de Charles
Kergaravat, les artistes bretons ont
également figuré à l’affiche du concert
et donné une prestation qui a suscité
l’enthousiasme des New-Yorkais. « Il s’agit
d’une performance très spéciale, qu’aucun
d’entre vous n’a jamais vu, a lancé Mick
Moloney, pendant que les musiciens bre-
tons s’installaient. Les artistes que vous
allez voir représentent la culture celtique
continentale et possèdent des traditions
très originales comme le Kan ha diskan
et les couples d’instruments bombarde
et biniou. C’est un pays remarquable par
sa culture, ses paysages ses traditions
musicales et aussi sa gastronomie… ».
La stupeur initiale, au moment où les
premières notes de bombardes ont réson-
né dans la salle, a rapidement fait place
à un enthousiasme de plus en plus débri-
dé au fil des morceaux. Au son des cris
et des sifflets d’encouragements, les
danseurs ont entraîné de nombreux spec-
tateurs dans la danse et mis le feu à
l’auditoire un brin pincé jusqu’ici. « C’est
typiquement américain, explique Charles
Kergaravat, ici tout le monde accepte
toutes les formes d’art ou de culture,
pourvu que la qualité soit là. A New-York,
on est habitué à voir le meilleur du meil-
leur. Chaque forme d’expression culturelle,
chaque communauté a sa place. Je suis
né aux Etats-Unis et pendant longtemps,
malgré le nombre d’immigrants, la Bre-
tagne n’existait pas aux Etats-Unis parce
que personne ne savait qu’elle existait.
C’est donc important pour moi de faire
en sorte qu’on la voit, qu’on en parle,
qu’on puisse donner aux gens d’ici à vivre
les moments que je vivais petit en allant
au festival de Cornouailles et qui me
donnaient des frissons. A travers la Saint-
Patrick, nous avons prouvé que les Bretons
ont leur place ici, sur la
v
e
avenue, comme
partout dans le monde. Si tu réussis à
New-York, tu peux réussir partout… »
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Yorket lesEtats-Unis sur notrecatalogue
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L
es Irlandais ne constituent qu’une des nom-
breuses communautés visibles à New-York. A
Manhattan, il y a bien sûr le quartier noir de
Harlem, au nord de Central Park. Au-delà, c’est le
Bronx, un borrough immense et multiculturel. Une simple visite des quar-
tiers qui se trouvent au-delà de l’East River suffit pour mesurer la diversité
étourdissante des communautés qui forment la population de New-York.
Williamsbourgh à l’ouest de Brooklyn. Le long des trottoirs abimés, des
hordes de fêtards passent de bar en bar. Il y a un petit parfum d’Amérique
du sud dans ce quartier hyper animé en soirée. A la différence près qu’on
y trouve un mélange unique de bikers, de touristes européens, de fans
de Heavy metal, de latinos, de vieux hippies, de Juifs ashkénazes avec
leurs longues tresses ou encore de hispters, les bobos d’ici. Un faux air
de Berlin aussi, avec ses enfilades de supérettes bios et de loft d’artistes
aux murs décorés. Dans la journée, on s’amusera d’y voir les traditionna-
listes juifs baisser le regard au passage de cyclistes en mini-jupe et d’une
foule d’autres détails qui nourrissent les contrastes et le charme de ces
quartiers métissés.
L’insularité du cœur de New-York donne au Queens
à Brooklyn ou au Bronx le statut de presqu’îles. Ce n’est d’ailleurs que
lorsque les premiers ponts ont été construits que les Manhattanites ont
commencé à quitter l’île où s’étaient installés les premiers colons hol-
landais, délogeant ainsi les autochtones amérindiens, qui lui avait donné
son nom. Avant d’être eux-mêmes surpassés en nombre par les Anglais.
Habités par les premiers immigrants à avoir eu les moyens de quitter les rues
surpeuplées et insalubres de Manhattan, comme celles du Lower East side,
les quartiers qui s’étendent de l’autre côté de l’East River, Queens, Brooklyn
et au-delà, lui sont intimement liés par l’histoire et l’imaginaire. Les Juifs,
les Irlandais ou les Italiens qui ont les premiers passé le pont ont été suivis
par des communautés du monde entier. Tandis que Manhattan s’assagit
dans l’opulence, se « gentrifie » comme on dit ici, au-delà des ponts, des
communautés asiatiques, juives, latino ou musulmanes s’étendent et ren-
forcent la dimension multiculturelle de la cité. Des études ont d’ailleurs
montré que c’est surtout grâce à l’immigration, qui a fortement repris dans
les années 1990, que la ville a connu un renouveau spectaculaire à la fin du
siècle. Un séjour prolongé à New-York ne peut en tout cas aujourd’hui plus
se limiter à Manhattan.
Au-delà de Manhattan,
une mosaïque de
communautés
Café branché
dans Williamsburgh, un
quartier de Brooklyn.
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