Salaün Holidays 4

La route vers Saratov est rondement menée à travers une campagne qui, soudain, sort de son silence glacé pour vous offrir le spectacle halluci- nant d’immenses champs miniers et industriels, de terrils gigantesques, de cheminées fumantes… Il n’y a rien d’autre à voir, mais c’est l’occasion, après les villes de l’Anneau d’Or, la ville de Ka- zan, propre sur elle, de prendre la mesure de la puissance russe, de sa richesse naturelle. Samara compte plus d’un million d’habitants. Saratov aussi. L’artère qui nourrit ses cœurs gourmands : la Volga. Le lendemain le départ de Saratov est un peu laborieux. Boris n’a pas apprécié la nuit à la belle étoile sur le bord de la Volga par – 25°. Batterie anémiée, démarreur congelé, il a du mal à se mettre en route pour Volgograd. 430 kilomètres à travers un paysage de collines ondulantes ; à travers un désert blanc. Pas un seul village, pas une seule habitation à l’excep- tion de quelques stations service et de relais rou- tiers noyés dans la neige. La chaussée en elle-même est généralement bien dégagée mais sur plusieurs portions, la glace a réussi à s’installer malgré les travaux incessants de nettoyage menés par une armée de canton- niers lourdement armés. Un boulot d’autant plus rude qu’il semble dans fin. Une seule nuit de neige peut réduire à néant des journées d’efforts. D’ailleurs la fraicheur de la neige qui a été en- tassée sur les bas-côtés laissent à penser que la route que nous empruntons n’est ouverte que depuis peu. Chasse-neige, bulldozers et pelle- teuses s’activent encore pour finir de la dégager. Et le nombre de camions abandonnés dans les fossés témoigne de conditions de circulation épiques. C’est ce que confirmera, plus tard à Vol- gograd, la lecture de la une d’un journal local. Il n’est pas encore 17 heures, lorsque nous arri- vons à Volgograd. L’ancienne Stalingrad pavoise. Elle vient de célébrer le 69 e anniversaire de la victoire des troupes soviétiques sur l’armée alle- mande. Le 2 février 1943, dans le sous-sol d’un grand immeuble du centre ville, à quelques mè- tres de l’hôtel où nous faisons étape, le Feld- Marschal Von Paulus se rendait et livrait ce qui restait de son armée – 91 000 hommes – mettant ainsi fin à la plus grande bataille de la Seconde guerre mondiale. A un immense massacre, aussi. 200 000 tués du côté allemand, 1 million côté soviétique, civils et soldats, une ville détruite à 85%... La route de Stalingrad était ouverte… Le Grand Raid Volga Salaün Magazine l Page 79 Le musée Soyouz à Samara Le Grand Raid Volga a traversé la Russie en pleine campagne électorale.

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