Salaün Holidays 4
Nous savions que cette étape serait la plus dure. Nous l’appréhendions. Par sa longueur : plus de 900 kilomètres. Mais surtout parce qu’elle nous faisait traverser un grand désert blanc. La route qui mène de Mourmansk à Petrozadovsk, une ville de 250 000 habitants à 400 kilomètres dans le nord-est de Saint-Pétersbourg, s’enfonce dans la Carélie profonde, simple saignée dans une forêt sans repères. Pour résumer les choses : nous avons fait plus de 900 kilomètres sans traverser un seul village, une seule ville, ni voir une habitation, à l’exception de quelques stations-service et de quelques cafés routiers dont certains étaient inaccessibles en raison de la couche de neige. Car il avait neigé sérieux durant les dernières vingt-quatre heures dans la région. Au départ de Mourmansk –que nous avons quittée à 8h – l’affaire semblait gérable. Pas simple, encore moins agréable, mais gérable. C’est après 400 kilomètres que la situation est devenue plus inquiétante. Les bas-côtés de la route, noyés dans une épaisse couche de poudreuse, ne laissaient qu’une petite bande centre à peu près roulante. Mais si elle l’était pour nous qui descendions, elle l’était aussi pour tous les camions et voitures qui remontaient. Le problème, c’est quand arrivait l’inévitable moment où il fallait se croiser et se rabattre sur une berge indéfinie et pleine de mauvaises surprises. Même le brave Olaf y perdait son envie de danser, quand ses roues se noyaient dans cette mauvaise soupe. Ses pneus cloutés, efficaces sur la glace mais dérisoires dans une telle neige, rendaient alors les armes et le laissaient s’embarquer dans des dérapages et des glissades impressionnantes. Seul le coup de volant très sûr de Michel nous permit de nous sortir sans dommage de ses pièges encore plus imprévisible lorsque la nuit tomba vers 16h. Fort heureusement, au fur et à mesure que nous gagnions dans le sud, les conditions de circulation s’améliorèrent, sans pour autant devenir faciles et agréables. La route était plus large et il avait beaucoup moins neigé. La pause du midi, dans une station-service, fut rapide, même si le bœuf strogonoff de la patronne nous fit le plus grand bien. Tout cela pour vous dire que l’arrivée à Petrozadovsk, vers 20h30, fut accueillie avec soulagement. Nous savions que nous avions fait le plus dur. Et que nous nous en étions bien sortis. Merci Olaf, merci Michel ! Etape 9 - Mercredi 9 février : Mourmansk / Petrozavodsk (930 km) On dirait pas le Sud… Le Grand Raid Arctique Salaün Magazine l Page 27 Sur la route de Petrozavodsk.
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