Salaün Holidays 4

Aujourd’hui, pour Olaf, le 4x4 qui danse sur la neige avec les fous, c’est relâche. Pour son équipage aussi. Un peu de repos avant la grande descente vers Saint-Pétersbourg – 1300 kilomètres – ne fera pas de mal. C’est l’occasion de découvrir une ville que l’hiver met en beauté. Elle ne ressemble à rien sinon à une cité qui aurait oublié son histoire tragique. Jusqu’en 1915, personne ne se préoccupe de cette petite station polaire. Le peuple originel – des samis, une des ethnies lapones du Grand Nord - y cohabite avec des aventuriers venus y chercher là de l’air frais. On construit quelques cabanes et l’on pêche dans cette rivière de Kola et cette mer de Barents que jamais le plus rude hiver ne glace. Le gulf-stream y envoie, avant de repartir pour un tour du monde, ses derniers courants chauds. Quand la Première guerre mondiale éclate, la Russie pleure dans ses glaces du golfe de Finlande et se souvient que tout là-haut un petit golfe lui offre une mer libre jusqu’à l’Atlantique. Et une voie maritime pour ses alliés. Saint- Pétersboug est une belle ville, mais un port de guerre saisonnier. Mourmansk rentre dans l’histoire et n’en sortira plus. Lors de la Seconde guerre, Mourmansk devient un port stratégique. En hiver, c’est le seul point d’approvisionnement pour nourrir l’allié russe en guerre contre l’Allemagne. Des convois partent du Cap Nord, dans des conditions épouvantables, vers ce petit port perdu dans la nuit polaire. Le prix à payer pour cet intérêt stratégique sera lourd. Il faut absolument couper cette route maritime essentielle. Une armée allemande de 150 000 hommes assiègent la ville qui résistera pendant 40 mois. Impuissants sur le terrain, les Nazis bombardent la ville. Leurs avions déversent 200 000 tonnes de bombes et détruisent la ville. Elle ne sera jamais prise. Mourmansk est encore un grand port militaire. Son fjord abrite la flotte des sous-marins de la Russie du nord. Une cité interdite, à quelques encablures de la ville héberge les familles des sous-mariniers. Plantée sur la rive, dans un désert rocheux terrifiant, elle compte plus de 100 000 habitants. Avec un musée des sous- mariniers que personne ne peut visiter. Et puis la guerre froide prend fin. Les sous- marins se font vieux et vont mourir sur les berges du fjord. Et ne sont plus remplacés. En dix ans Mourmansk a perdu près de 150 000 habitants. La marine de guerre ne fait plus un avenir. Aujourd’hui la ville la plus peuplée au-delà du cercle arctique – 314 000 habitants - se cherche un autre destin. Ce sera peut-être l’exploitation de l’immense gisement gazeux de Stockman, déniché dans la mer de Barents, à 500 kilomètres de Mourmansk. Une exploitation qui ne s’annonce pas simple dans cette nature brutale. Mais à Mourmansk, on en a vu d’autre… Etape 8 - Mardi 8 février : Mourmansk Une journée à Mourmansk Salaün Magazine l Page 26 Le port de Mourmansk dans son décor d’immeubles gris sous un ciel gris.

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