Salaün Holidays 4

Le Grand Raid Arctique Salaün Magazine l Page 25 Russes sont d’une amabilité et d’une tolérance confondantes. Ils nous ont appris que le thermomètre s’était pris une chute de tension à – 34° dans la nuit. Cela explique peut-être leur zèle modéré. Pourtant ce poste frontière fut l’un des plus chauds du temps de la guerre froide. Deux mondes y veillaient sur leur territoire et leurs idéologies. Il en reste des traces. Du côté norvégien, cette zone frontalière est peuplée de militaires qui attendent une improbable invasion ; côté russe, un immense no man’s land, cerné de barbelés, sur lesquels veillent quelques miradors, a encore l’orgueil désuet de protéger une frontière qui n’a plus de sens. Mais la Russie est là. Et c’est vrai bonheur pour ceux qui l’aiment que de la retrouver. Notre premier contact gastronomique avec la Russie a eu lieu quelques kilomètres plus loin. Dans un relais routier. Il est impossible de vous dire le plaisir que notre équipage russophile a ressenti en savourant une salade Olivier, une soupe, un sandwich à la truite fumée et un café insipide. Le pied. Il est impossible de vous expliquer, aussi, les désordres gastriques que ces retrouvailles ont entraînés. Et combien ils nous ont fait trouver long la dernière centaine de kilomètres qui nous séparait de Mourmansk. Les routes finlandaises ressemblaient à des pistes de ski – pistes noires. Celles de Russie y ressemblaient. Sauf qu’elles n’étaient pas tracées. C’était au petit bonheur la chance. Mais Michel est resté serein. Il a découvert que Olaf savait danser sur la neige. C’est vrai, puisque nous sommes arrivés à Mourmansk plus tôt que prévu. Olaf a donc hérité d’un nom d’Inuit : Olaf, la voiture qui danse avec les fous. C’est un peu long. Mais dans le Nord, on a le temps : les heures oublient les minutes. Piste noire : c’est la route de Mourmansk ... A Kirkenes, nous avons retrouvé le Midnatsol pour un dernier adieu.

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