SALAUN Magazine n°4 - page 79

La route vers Saratov est rondement menée à
travers une campagne qui, soudain, sort de son
silence glacé pour vous offrir le spectacle halluci-
nant d’immenses champs miniers et industriels,
de terrils gigantesques, de cheminées fumantes…
Il n’y a rien d’autre à voir, mais c’est l’occasion,
après les villes de l’Anneau d’Or, la ville de Ka-
zan, propre sur elle, de prendre la mesure de la
puissance russe, de sa richesse naturelle. Samara
compte plus d’un million d’habitants. Saratov
aussi. L’artère qui nourrit ses cœurs gourmands :
la Volga.
Le lendemain le départ de Saratov est un peu
laborieux. Boris n’a pas apprécié la nuit à la belle
étoile sur le bord de la Volga par – 25°. Batterie
anémiée, démarreur congelé, il a du mal à se
mettre en route pour Volgograd.
430 kilomètres à travers un paysage de collines
ondulantes ; à travers un désert blanc. Pas un
seul village, pas une seule habitation à l’excep-
tion de quelques stations service et de relais rou-
tiers noyés dans la neige.
La chaussée en elle-même est généralement bien
dégagée mais sur plusieurs portions, la glace a
réussi à s’installer malgré les travaux incessants
de nettoyage menés par une armée de canton-
niers lourdement armés. Un boulot d’autant plus
rude qu’il semble dans fin. Une seule nuit de
neige peut réduire à néant des journées
d’efforts.
D’ailleurs la fraicheur de la neige qui a été en-
tassée sur les bas-côtés laissent à penser que la
route que nous empruntons n’est ouverte que
depuis peu. Chasse-neige, bulldozers et pelle-
teuses s’activent encore pour finir de la dégager.
Et le nombre de camions abandonnés dans les
fossés témoigne de conditions de circulation
épiques. C’est ce que confirmera, plus tard à Vol-
gograd, la lecture de la une d’un journal local.
Il n’est pas encore 17 heures, lorsque nous arri-
vons à Volgograd. L’ancienne Stalingrad pavoise.
Elle vient de célébrer le 69
e
anniversaire de la
victoire des troupes soviétiques sur l’armée alle-
mande. Le 2 février 1943, dans le sous-sol d’un
grand immeuble du centre ville, à quelques mè-
tres de l’hôtel où nous faisons étape, le Feld-
Marschal Von Paulus se rendait et livrait ce qui
restait de son armée – 91 000 hommes – mettant
ainsi fin à la plus grande bataille de la Seconde
guerre mondiale. A un immense massacre, aussi.
200 000 tués du côté allemand, 1 million côté
soviétique, civils et soldats, une ville détruite à
85%...
La route
de Stalingrad
était ouverte…
Le Grand Raid Volga
Salaün Magazine
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Le musée Soyouz à Samara
Le Grand Raid Volga a traversé la Russie en pleine campagne électorale.
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