SALAUN Magazine n°4 - page 76

A Kazan, on est toujours en Russie tout en étant
ailleurs. C’est d’ailleurs la réalité de cette
république autonome de Russie. Ne reniant
jamais son appartenance à un vaste pays plus
multiforme qu’il n’y paraît – la Fédération russe
– mais cultivant jusqu’à la limite de l’insolence
son particularisme. C’est une république tatare
où se retrouvent les descendant d’un peuple
mongol qui a ravagé et soumis pratiquement
toute la Russie dans une histoire ancienne, a
pourri la vie des Cosaques que Catherine II
envoyait conquérir cette Eurasie dont elle
voulait faire un continent, qui, de Saint-
Pétersbourg à Vladivostok, oublierait l’Oural.
Le Soviétisme a donné à ce peuple conquérant,
né sur un cheval, une petite parcelle des
immensités conquises. La République du
Tatarstan. Les descendants de Gengis Khan, le
plus grand prédateur de l’histoire européenne,
en ont fait une sorte de Suisse dans le monde un
peu brutal de la Russie.
Le résultat est Kazan – 1,3 millions d’habitants -
la capitale de cette enclave habile et riche. Dans
la nuit déjà tombée, le kremlin, avec ses
murailles blanches, marque toujours son
territoire. Et les éclairages sont assez forts pour
vous faire prendre la mesure de Kazan. Dans
cette enceinte et à portée de projecteurs, la plus
grande mecque de Russie, avec ses quatre
flèches bleues dressées dans le ciel comme des
doigts ayant trouvé Dieu, ne fait aucune ombre
à l’église orthodoxe. Ici, les deux religions vivent
en paix. Et 50% de la population pratique la
langue tatar. Sans que cela offusque l’autre
moitié.
Le nationalisme russe devra s’en accommoder.
La loi des Tatars
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A la frontière du Tatarstan
Vendeuse de poissons en bord de route
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