Salaün Holidays 4

Kiev Odessa La route qui relie Kiev à Odessa est un long trait rectiligne de 500 kilomètres, tracé dans la plaine. En cette fin d’été, les moissons s’achèvent. Le blé a été coupé et il ne reste plus que quelques champs de maïs fané et de tournesols noircis. On s’y active déjà pour préparer la terre à accueillir les récoltes de demain. C’est ce que fait Andréï, au volant de son tracteur de 700 cv. 35 ans, un peu perdu dans sa combinaison noire, les traits tirés, il tourne inlassablement, à longueur d’année, dans les 2800 hectares de champs que compte la coopérative pour laquelle il travaille. Nous arrivons en fin de journée à Odessa. Belle et facétieuse, Odessa n’est pas une ville ordinaire. Il y règne une ambiance particulière à laquelle toute la population semble contribuer. Celle que l’on appelle parfois le « Marseille » ukrainien est résolument méditerranéenne. Les blocs sont tracés au cordeau, les avenues larges et aérées ; les immeubles, aux couleurs pastel et aux originalités mesurées, sont toujours élégants. On y sent l’influence italienne et française et s’y promener est un vrai bonheur. Sans se presser, en prenant le rythme des habitants que cette belle journée semble condamner aux terrasses et aux discussions interminables devant un café. En fait, on est bien partout à Odessa. La ville est connue pour l’humour de ses habitants et leur sens de la dérision. La facétie se niche partout. Sur les affiches, dans les statues – ainsi un héros de l’aviation soviétique est représenté lançant un avion en papier – et jusque dans la décoration et le menu des restaurants. Une dernière photo souvenir au pied de l’escalier du « Potemkine », rendu célèbre par le film de Sergueï Eisenstein Salaün Magazine l Page 44 Odessa, la ville où il fait bon vivre.

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