Salaün Holidays 4

Le lendemain, nous emboitons le pas alerte de Katerina, notre guide, qui se promène à Kiev, sa ville natale, comme dans son jardin. Avec elle, une entrée d’immeuble totalement anodine ouvre une porte sur l’Allée des Paysages. Elle domine la ville et est devenue un lieu d’expression artistique étonnant. Chaque mètre réserve une surprise, un clin d’œil à l’humour caché des Ukrainiens. On redescend de ce firmament par une rue mal pavée – la Descente de Saint André – bordée de boutiques et de brocanteurs en tous genres. Sur 300 mètres, elle récite un inventaire à la Prévert à la mode ukrainienne. Depuis les costumes traditionnels “made in” on ne sait pas trop où, jusqu’aux fausses vraies médailles de l’Armée rouge en passant par des icônes dont le nombre fait penser qu’elles datent de l’ère post industrielle. Une autre colline de la ville accueille un immense ensemble muséographique consacré aux guerres. Elle est dominée par une gigantesque statue de 150 mètres de haut représentant une femme armée d’un glaive et d’un bouclier. La visite du musée dédié à la Seconde guerre mondiale est passionnante. Tout d’abord parce qu’il est d’une impressionnante richesse, notamment iconographique, mais aussi parce qu’il présente ce conflit monstrueux sous un angle que nous méconnaissons, en réduisant trop souvent la défaite allemande au seul Débarquement de Normandie. Sur le front de l’est, la guerre a eu une autre dimension et causé autrement plus de ravages. Au total, plus de vingt millions de morts, dont 13 millions de civils. Devant le Musée de la Guerre, les chars sont devenus un terrain de jeu pour les enfants Le Grand Raid Brest Samarcande Salaün Magazine l Page 43 Sous le regard de Lénine, le phono joue des tubes de Jo Dassin. Statue monumentale, devant le Musée de la seconde guerre mondiale.

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