Salaün Holidays 4
Avant de regagner Volgograd, après cette étape chez Ivan, nous avons choisi de passer une jour- née à Astrakhan. Initialement il était prévu une virée dans l’estuaire de la Volga, au sud de la ville. Mais cet estuaire est à l’image du fleuve qu’il disperse dans la Mer Caspienne : démesuré, tentaculaire, gigantesque… C’est un dédale de bras et de cours secondaires, desservis par des chemins que la neige rend dif- ficilement praticables. S’y hasarder serait trop risqué pour un résultat aléatoire : la neige cou- vre sans distinction le fleuve gelé et les terres qui bordent son lit. Dernier port de ce fleuve avant la mer, Astra- khan est une ville – 900 000 habitants – un peu foutraque et – pour causer franc – un peu bor- délique. Attachante, pour tout dire. Mais ce qui fait le véritable charme d’Astrakhan, c’est son pluralisme culturel et ethnique. Son caractère délicieusement cosmopolite. On est ici aux portes de l’Asie Centrale et les visages sont le reflet de cette diversité et du métissage qu’il entraîne. Les blondes se font brunes ; les grands yeux bleus se brident et brunissent. Astrakhan a perdu sa prospérité passée, mais il y fait encore bon vivre. Peut-être, un jour, retrouvera-t-elle son lustre d’antan. Même si le caviar qui avait fait sa réputation et sa fortune a disparu pour toujours des étals du marché. L’esturgeon n’apprécie ni la pollution, ni le bra- connage. A Astrakhan, on supportait encore la petite laine Salaün Magazine l Page 82 Le port fluvial d’Astrakhan, à quelques kilomètres de la Caspienne Marché d’Astrakhan
RkJQdWJsaXNoZXIy MTg1ODM2Mw==