Salaün Holidays 4
A Kazan, on est toujours en Russie tout en étant ailleurs. C’est d’ailleurs la réalité de cette république autonome de Russie. Ne reniant jamais son appartenance à un vaste pays plus multiforme qu’il n’y paraît – la Fédération russe – mais cultivant jusqu’à la limite de l’insolence son particularisme. C’est une république tatare où se retrouvent les descendant d’un peuple mongol qui a ravagé et soumis pratiquement toute la Russie dans une histoire ancienne, a pourri la vie des Cosaques que Catherine II envoyait conquérir cette Eurasie dont elle voulait faire un continent, qui, de Saint- Pétersbourg à Vladivostok, oublierait l’Oural. Le Soviétisme a donné à ce peuple conquérant, né sur un cheval, une petite parcelle des immensités conquises. La République du Tatarstan. Les descendants de Gengis Khan, le plus grand prédateur de l’histoire européenne, en ont fait une sorte de Suisse dans le monde un peu brutal de la Russie. Le résultat est Kazan – 1,3 millions d’habitants - la capitale de cette enclave habile et riche. Dans la nuit déjà tombée, le kremlin, avec ses murailles blanches, marque toujours son territoire. Et les éclairages sont assez forts pour vous faire prendre la mesure de Kazan. Dans cette enceinte et à portée de projecteurs, la plus grande mecque de Russie, avec ses quatre flèches bleues dressées dans le ciel comme des doigts ayant trouvé Dieu, ne fait aucune ombre à l’église orthodoxe. Ici, les deux religions vivent en paix. Et 50% de la population pratique la langue tatar. Sans que cela offusque l’autre moitié. Le nationalisme russe devra s’en accommoder. La loi des Tatars Salaün Magazine l Page 76 A la frontière du Tatarstan Vendeuse de poissons en bord de route
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