Salaün Holidays 4

En haut du mont, on change aussi de pays. On rentre dans le domaine des Tatares. Fidèles à l’esprit conquérant de leurs ancêtres, ils ont pris possession, dans les années 90, de cette crête trop haute pour les Ukrainiens de Crimée et y ont installé un village un peu fou, une sorte de bric-à-brac descendu du ciel. On peut y faire une balade en chameau ou à cheval, s’asseoir dans un side-car russe, y acheter des peaux de vache ou des chaussettes de laine. Et bien sûr y manger, selon la meilleure tradition ouzbèque, dans de petits restaurants, allongé autour d’une table. Au menu, grillades et plov – un ragoût à base de riz, de carottes et de viande. Une tradition culinaire que les Tatares, présents en Crimée depuis le XII e siècle, ont ramenée d’un long exil de plus de 50 ans dans les steppes de l’Asie centrale, décidé par Staline en 1944. Après Katia, la belle princesse de Kiev, c’est au tour de Youri de partager notre route et d’être notre guide pour la traversée de la Russie. 49 ans, bâti comme un bull-dog, Youri travaille à l’agence Intourist de Moscou. Sur ces pas, nous suivons une extraordinaire route de montagne qui nous mène jusqu’à l’extrême pointe orientale de la Crimée. La route, en corniche, sinueuse, escalade les montagnes, plonge dans les vallées et dévoile à chacun de ses virages une vue magnifique qui se partage entre la Mer noire et les montagnes qui cisèlent l’horizon. Salaün Magazine l Page 46 Sur le mont Aï Petri, les tatares préparent un délicieux plov. Belvédère au sommet du mont Aï Petri.

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