Salaün Holidays 4

D’abord, le bus du chef de convoi – que nous suivions sagement – au bout de cinq kilomètres au ralenti perdit le contact avec sa troupe avant de s’arrêter. En panne. Il avait, nous expliqua-t-il, de la glace dans son gas-oil. “Allez-y toujours et rattrapez les autres…“ Un peu qu’on les a rattrapés. On serait même rentré dedans ! Pendant cinq kilomètres, Michel a fait dans le genre trophée Andros. J’aurais bien fait une photo, Michel. Pas de problème. Demi-tour en glissade et on repart. Et à moment, on s’est tous frotté les yeux. Une dizaine de décapotables de luxe – je ne déconne pas, des décapotables décapotées – redescendaient du Cap à tombeau ouvert, chapkas au vent. Là, on s’est dit que leur histoire de convoi, c’était quand même pas la discipline des panzers divisions. Mais pour les derniers kilomètres, nous dûmes quand même attendre que la troupe se reformât. Il fallait patienter avec les autres jusqu’à ce que le sixième car envoyé en urgence pour récupérer les passagers en rade nous rejoigne. Cela nous donna le temps de prendre un auto- stoppeur. Peter, un pâtissier de Munich. Il avait été interdit de Cap avec sa petite voiture de location, à l’entrée du dernier tronçon. Et il poireautait depuis la veille, dans l’espoir qu’un bus l’accepterait à son bord. Apparemment, les autocaristes norvégiens n’aiment pas les pâtissiers allemands. Ils ont tort. Bons samaritains, nous avons redescendu Peter jusqu’à sa voiture dans une ambiance chaleureuse, animée de vigoureux airs populaires allemands. Et il nous a offert quelques bières norvégiennes. Faute de mieux. Mais nous serons les bienvenus, nous a-t-il promis, à l’Hofbrauhaus de Munich pour des choses plus sérieuses. On ira, Peter. Même si par le Cap Nord, ça fait un détour. Le Grand Raid Arctique Salaün Magazine l Page 23 Peter, notre copain patissier à Munich. Le cap Nord en décapotable, pourquoi pas ? L’hiver, on monte en caravane au Cap Nord.

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